Bali, l’île multicolore

Loin de nos austères et grises contrés d’Europe, perdue au milieu des eaux turquoises de l’archipel Indonésien se cache une petite île où la vie et les rites quotidiens riment avec couleurs et gaieté.

Lors d’un mariage, d’une cérémonie, d’une crémation ou simplement en vous promenant dans les rues animées d’Ubud, de Bangli ou de Sukawati, ne vous étonnez pas de croisez la route de balinais et de balinaises en habits traditionnels aux couleurs éclatantes de vitalité.

L’atmosphère balinaise est extrêmement relaxante. L’air est rempli des sons des gamelans et une légère odeur d’encens et de fleurs embaume les rues du matin au soir. Les couleurs sont partout, dans les arbres, dans les flore et dans le ramage des oiseaux, déposées sur les temples, enroulées autour des banians sacrés, portées sur les costumes ou délicatement posées dans les cheveux par une fleur blanche, jaune ou pourpre de frangipanier.

Couleurs de la tradition Balinaise

Rien que pour le plaisir de vos yeux, voici un petit diaporama de costumes colorés et de couleurs chatoyantes que nous avons l’occasion de voir chaque jour à Bali :

Faites comme les Balinais ! Achetez un sarong en batik et abandonnez votre short ou pantalon de coton. Vous constaterez rapidement qu’en plus d’être pratique et très agréable à porter, ajouter quelques couleurs à la vie donne toujours le sourire 😉

Île des Dieux et billets verts : quel est le coût de la vie à Bali ?

En Indonésie, pas de revenu mensuel minimum et les aides financières sont rares ou réservées à une frange lettrée de la population. Malgré le tourisme et une vie plus douce, le quotidien des balinais reste difficile dans de nombreuses régions de l’île. Dans l’archipel Indonésien, près de 40% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Le coût de la vie à Bali

À Bali, travailler dans les rizières ou sur les chantiers de construction rapporte peu, environ 90 à 100 dollars US par mois. En discutant avec une serveuse balinaise dans un warung « touristique » de Gili Trawangan, celle-ci m’indique recevoir entre 140 et 160 dollars par mois, sans compter les pourboires qu’elle partage avec ses collègues. À Sidemen, notre guide Wayan, qui nous fit découvrir la beauté insoupçonnée des rizières de la région, est payé au forfait. Suivant le nombre de clients qu’il accompagne, un bon mois lui rapporte moins de 200 dollars.

Pourtant, lorsque je discute avec Olivier et Momo d’IQ Divers, ces derniers nous apprenne que pour un travail équivalent dans le tourisme, un occidental sera payé jusqu’à 20 fois plus que son confrère Indonésien ! Il est difficile d’imaginer une égalité des chances avec de tels écarts de salaire…

La matière grise récompensée

Si vous êtes doué à l’école, le gouvernement Indonésien peut cependant vous aider dans certains cas. Pour les autres, il faut souvent travailler très dur pour parvenir à sortir de sa condition. C’est le cas d’Agung, l’ami que j’avais rencontré lors de mon premier voyage à Bali en septembre 2010. Né de parents très pauvres, mais persévérant et doué en lettres, il a réussit à finir son apprentissage du Français pour devenir guide touristique francophone dans une agence de voyage. Très fier de sa réussite, il m’annonce sur Facebook qu’il a aussi une voiture, gage d’un bien-être social pour tout balinais digne de ce nom 😉

Vivre à Bali ? Une réalité moins idyllique que ce que vous imaginez

Le coût de la vie à Bali est peut être cinq fois moins cher qu’en Europe, mais il y a aussi un certain coût relativement incompressible dans le fait de vivre à Bali qui n’est pas nécessairement beaucoup moins élevé qu’en France. Ce coût est dû au simple fait que notre style de vie en occident diffère radicalement de celui des balinais.

D’une manière générale, vous aurez des besoins différents que ceux de la population locale, il est donc quasiment impossible de vivre sur la base d’un salaire local. En effet, le salaire moyen est de 130 € et peut atteindre, dans de rares cas, 500 € pour les professionnels qualifiés.

Se pose ensuite la question du visa. Si vous êtes sur un visa touriste, vous devrez impérativement ressortir du territoire indonésien tous les six mois, à Singapour ou en Malaisie. Un billet simple aller-retour coûte environ 200 € (c’était moins il y’a quelques années, mais le coronavirus a changé la donne), et au minimum 15 € par nuit pour dormir dans une auberge de jeunesse. Les premiers prix pour un hôtel tournent autour d’une soixantaine d’euros à Singapour ! Vous pouvez donc ajouter 50 € minimum par mois à votre budget visa si vous ne sortez qu’à Singapour.

Trouver un logement décent lorsqu’on souhaite vivre en Indonésie

Une chambre décente avec confort équivalent au confort occidental (literie propre et de qualité, eau chaude et climatisation) coûte extrêmement cher : environ trois millions de roupies indonésiennes dans les endroits touristiques, soit à peu près 200 €. Ce que vous obtiendrez pour ce prix varie d’une région à l’autre.

Vous pouvez aussi louer à l’année une maison locale, mais cela implique d’avoir un bon salaire ce qui n’est pas toujours possible en arrivant.

Vous pouvez aussi choisir de descendre en confort et louer un kos, une petite chambre qui fera passer votre ancien logement du CROUS pour un hôtel de luxe. Mais ce n’est probablement pas ce que vous recherchez en vivant à Bali. En revanche, si vous êtes accepté — la plupart du temps ces lieux rechignent à louer aux étrangers — cela ne vous coûtera que cinquante euros par mois.

Une réalité loin des cartes postales

Avec un style d’alimentation local, bio et sain et une faible dépendance à l’alcool ou au tabac, il est tout de même très difficile de vivre avec moins de 200 euros par mois. Notez qu’il est cependant très facile de vivre avec moins sans risquer d’en mourir ! Mais de tous les occidentaux et occidentales que j’ai pu croiser à Bali, rares sont celles et ceux qui mangent uniquement local, ou qui n’ont pas de vie nocturne ou culturelle, ce qui a évidemment un coût. Pour un voyage touristique mais responsable en Indonésie, il faudra compter au minimum 300 € par mois, voire un peu plus.

Il n’y a aucun secret pour vivre à Bali en profitant de la vie : la plupart des expatriés établis à Bali depuis plusieurs années y sont arrivés avec des devises, un emploi assuré, parfois les deux. Une réalité qui parle d’elle-même, c’est qu’avec le coronavirus, la quasi totalité des personnes expatriées sont rentrées dans leur pays d’origine. D’après les services d’immigration, on ne compte plus aujourd’hui que 7000 étrangers et étrangères à Bali, dont à peine 1800 d’origine Française.

Les chiffres-clés des Français en Indonésie

chiffres-clés des français expatriés en Indonésie

Source : Le petit Journal de Jakarta, 2021.

Bali, île paradisiaque ou dépotoir à ciel ouvert ?

Ils sont nombreux les qualificatifs qui vantent les mérites de Bali et le particularisme de ses habitants ; de grandes plages de sable blanc, les meilleurs spots de plongée et de snorkeling de toute l’Indonésie, une culture enrichissante et un peuple accueillant, des rizières luxuriantes sans oublier le faste des temples balinais, etc.

Pourtant, loin de la première destination touristique au monde existe un autre Bali dont on ne parle pas assez, celui de l’extrême pauvreté, de la pollution et, parfois, de la violence.

Bali, un paradis sans violence ?

À Bali, vous croiserez la route de beaucoup de chats. Concernant les chiens, il n’existe pas de politique de régulation par stérilisation de la population de canidés balinais. Ceux-ci sont régulièrement éliminés par divers moyens. On estime d’ailleurs que 70 000 à 100 000 d’entre eux finissent en brochettes…

Les pratiques religieuses sont à l’origine de nombreux sacrifices d’animaux. Chaque année, 3 000 tortues sont sacrifiées ou mangées à Bali. Les combats de coqs, bien qu’illégaux, sont monnaie courante et les entraîneurs ajoutent des lames de rasoir à leurs ergots pour les rendre plus agressifs.

Il est certain que le vol est très rare à Bali, mais la vindicte populaire à l’égard des voleur est digne du supplice du pilori au Moyen-âge. Si un chapardeur est attrapé par la population, il risque fort d’être bastonné, voire lynché avant que la police n’intervienne.

La pauvreté est grande et tout le monde ne mange pas à sa faim. Tandis qu’une petite part de la classe moyenne s’enrichit grâce au tourisme, de Ubud à Sanur des femmes et leurs enfants mendient et dorment dans les rues des villes, aux carrefours routiers ou près des devantures des magasins. Environ 100 millions d’Indonésiens, sur un total de 250, n’ont pas bénéficié de la vigueur de l’économie ces dix dernières années et vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté.

Bali, île paradisiaque

Bali : derrière le voile du rêve, une triste réalité

Du Nord au Sud et d’Est en Ouest, les décharges sauvages sont monnaie courante et l’on jette quotidiennement des centaines de camions de détritus dans les rivières et dans la mer.

Les eaux qui servent à irriguer les cultures sont toutes polluées et l’eau courante est impropre à la consommation si elle n’a pas été bouillie. Dans les warungs, demandez toujours de l’air masak (eau chaude en Indonésien).

Enfin, la plus importante déchetterie de l’île n’est autre qu’une montagne de 15 hectares, surnommée Mount Rubbish, aux abords de laquelle survit une population de miséreux. Quant à Kuta, si vous tenez à votre santé ne vous baignez jamais sur la plage car ses eaux – dit-on – sont parmi les plus polluées d’Indonésie !

On est loin de l’image d’Épinal habituellement répandue…

Elles, ils aident les plus démunis

Comme partout ailleurs en temps de crise, l’humain fait montre de partage et d’entraide. Les mentalités évoluent et des initiatives naissent à Bali et dans le reste de l’Indonésie pour aider les plus pauvres de l’archipel.

La santé pour tou-te-s

Depuis 2005, la petite ville de Nyuh Kuning, à côté de la cité touristique d’Ubud, accueille la clinique Yayasan Bumi Sehat. Née à l’initiative de l’américaine Robin Lim, la clinique s’est donnée pour mission d’aider les futures mamans les plus pauvres de l’archipel Indonésien. Ici, pas d’honoraires de consultations ni de frais, les patientes donnent ce qu’elles peuvent. Les portes sont ouvertes à toutes les mères qui ne peuvent payer les frais d’accouchement exorbitants réclamés par les hôpitaux. Le gouvernement a bien mis en place un système permettant de bénéficier de la gratuité des soins, mais la complexité bureaucratique du processus est décourageant pour la partie la plus pauvre et souvent illettrée de la population.

Logements gratuits à Jimbaran

Dans certaines régions de Bali, le gouvernement provincial essaie d’améliorer les conditions de vie des populations pauvres, notamment grâce à des programmes qui permettent d’acquérir de modestes maisons gratuitement. À Jimbaran, Ayana Ressort a construit 57 logements pour les habitants les plus défavorisés dans le cadre du programme de Responsabilité Sociale des Entreprises.

Énergies renouvelables

Dans de nombreux villages balinais et sur les îles Gili, des régions jadis très pauvres bénéficient aujourd’hui de meilleurs conditions de vie grâce à l’installation de panneaux solaires.

Comme nous les Balinais souhaitent une vie meilleure pour eux et leurs enfants. Cela signifie recevoir une bonne éducation dans une école, les aider à quitter le piège d’un tourisme qui les appauvrit, bénéficier d’un service de santé publique efficace et pouvoir bâtir des infrastructures et améliorer la qualité de l’eau, les routes, les transports, etc.

Statue dans un temple Balinais

Avant de partir… Réfléchir !

Réfléchissez aux milliards de dollars qui se déversent dans Bali chaque année grâce au tourisme, et les millions d’autres perçus en taxes et frais de service. Maintenant, demandez-vous pourquoi les enfants souffrent de malnutrition en de nombreux endroits de l’île ? Pourquoi les routes, les écoles et les hôpitaux sont financés par des donateurs et non par des impôts locaux ? Pourquoi le système de traitement des ordures est si désuet qu’il en devient terriblement dangereux pour la santé ?

Si l’on en croit certains « spécialistes », la classe moyenne émerge. Mais Bali ne devrait-elle pas être, au contraire, une île de l’abondance pour tous les balinais ? Ces inégalités sont alarmantes et ne devraient pas exister dans une île aussi riche que Bali. À croire qu’aujourd’hui encore seuls les investisseurs, les expats et les citadins bénéficient réellement du tourisme…

Soyez respectueux de Bali, elle vous respectera

Si l’on souhaite protéger l’île de Bali et son peuple, ne nous contentons pas de séjourner dans des hôtels de luxe avec vue sur la mer, de dîner en compagnie du Roi de la jungle au Bali Safari park ou de faire du parachute à Gili Trawangan. Ce tourisme là est la principale source des problèmes exposés ici. Soutenir ceux qui volent et qui oppriment les balinais signifie aussi être coupable de leur disparition.

Au contraire, je pense qu’avant de découvrir Bali, il est nécessaire de s’interroger sur certaines choses : quel impact notre présence peut-elle avoir sur cette île magnifique que l’on appelle « Paradis » ? Souhaite t-on réellement qu’elle le soit toujours ou sommes-nous prêt à aller polluer d’autres îles encore sauvages ? Ce sont des sujets qui fâchent, mais ne pas s’y intéresser, c’est ne pas se soucier de l’avenir de Bali ni du précieux patrimoine Indonésien.

Amed, le retour des prahus

Eka PurnamaJ’aperçois au loin les fanions lumineux des navires à balanciers des pêcheurs du coin, les prahus. De tous côtés, les voiles triangulaires arrivent à l’horizon comme un vol de libellules.

Le poisson déchargé, ce sont les femmes qui le porte vers la route du village. Il n’y a qu’une route à Amed qui épouse les flancs capricieux du volcan et le matin (il est environ 7 heures), l’odeur des maquereaux fraîchement pêchés rempli le rivage. La vente peut alors commencer. Les filets sont dépliés et étendus sur des centaines de mètres le long de la route et les hommes les démêlent et réparent les dizaines d’hameçons qui les compose.

Après ce spectacle étonnant, je me dirige vers la plage la plus proche de l’Eka Purnama. Le snorkelling est une activité facile et les fonds marins offrent ici des surprises exceptionnelles. Je n’imaginais pas à quel point la faune sauvage pouvait être aussi riche à cet endroit. Des coraux mauves et blancs à perte de vue et des poissons multicolores, des bleus argentés, des poissons-lune, jaunes à rayures noires, orange, rouge vif ou blancs nacrés. Le spectacle est époustouflant.

La chaleur est torride ce matin. Vers 10 heures, le soleil est presque au zénith et je m’arrête régulièrement profiter du calme apaisant des plages de sable fin.

Le retour fut chaud, très chaud et les vents poussiéreux de l’autoroute du sud se déchaînent souvent, charriant poussières et sables qui m’accablent le nez. J’arrive à Ubud dans la soirée, la gorge sèche et le visage noirci. Je partage la soirée avec Pras au Cinta, lui déguste un Mango mojito et moi je me régale devant un délicieux Nasi Campur. J’ai des souvenirs plein la tête et un énorme corail blanc dans mon sac.

Convenances et savoir-vivre à Bali

Ici on mange du Nasi CampurAgung et Marie essaient de m’expliquer les nuances étonnantes qui existent dans la population à Bali. Il demeure un décorum complexe, parfois difficile à maîtriser, mais dont le langage inclut toujours le sourire : c’est l’étiquette.

Comme je l’écrivais dans un précédent article : le langage et l’étiquette reflètent un univers normalisé, où tout individu ressent immuablement sa condition dans le monde, l’espace et le temps.

Les castes dans la société balinaise

Le système est construit autour de quatre classes héréditaires, proche des castes et importé à Bali par les javanais. On retrouve trois castes nobles appelées triwangsa, au sein desquelles il y a :

  • les Brahmana (érudits et clercs),
  • les Satria, qui détiennent le pouvoir temporel,
  • les Wésia, administrateurs du royaume.

Les ouvriers, les artisans et les paysans balinais font partie quant à eux de la caste Sudra.

Les prénoms nous apprennent la position sociale et familiale des Balinais

La plupart des balinais portent un nom, précédé de « Ni », pour les femmes et de « I » pour les hommes. S’ils sont nés les premiers, ils seront nommés « Wayan », « Putu » ou « Gede ». Les cadets « Made » ou « Kadek ». Le troisième enfant portera le nom de «Nyoman» ou celui de « Komang » et le quatrième s’appellera « Ketut ». Avec les suivants la série recommence depuis le début.

Les nobles et les aristocrates bénéficient de divers titres : « Dewa » et « Cokorda » sont utilisés par les Satria. « Gusti » est porté par ceux de la caste Wesia et « Agung » est un nom que l’on donne aux princes.

Jelek Kuta Beach

Il est un lieu à Bali où l’univers machiavélique des systèmes occidentaux a élu domicile, une ville où d’avilissants brigands se partagent les quartiers comme de viles araignées sur une toile de déchéance.

De Sanur, où nous avons dîné près des plages en regardant le coucher du soleil, nous rejoignons le centre-ville puis un taksi nous emporte vers la station balnéaire de Kuta. Nous parcourons les quartiers pauvres de Sanur et les rues de la prostitution. Dehors il pleut averse comme si quelque divinité avait décidé de semer le parcours d’embûches. L’arrivée dans Kuta Beach nous plonge directement dans la violence du lieu.

Drogue et prostitution à Bali

Kuta est un repaire de touristes égarés, hagards, violents et les rixes semblent être ici monnaie courante. Nous croisons sur notre chemin, parmi les amoncellements d’ordures et les rats qui courent dans les ruelles sombres, une faune d’écorcheurs et de gibiers de potence qui nous propose à la sauvette quelques grammes de poudre blanche ou d’ecstasy. Quoi qu’il arrive et quels que soient vos envies du moment, il ne faut jamais accepter ! Le simple fait de fumer un joint vous conduira en prison et les trafiquants de drogue encourent la peine capitale. À l’entrée de chaque cabaret, de chaque assommoir et de chaque boîtes de nuit, les prostitués haranguent les passants à la recherche de quelques dollars en échange d’une heure ou d’une nuit de plaisir.

Je ressens dans ces bas-fonds aux allures de ville moderne une grande souffrance, une pauvreté intellectuelle et spirituelle. C’est l’antre des démons, mais ceux-ci sont bien humains.

Nous pénétrons dans le temple de la musique techno et de la débauche par excellence : le Sky Garden. Une discothèque de quatre étages où l’on vous fouille à l’entrée. Car il ne faut pas oublier les attentats de Kuta en 2002 et 2005 qui avaient fait de très nombreuses victimes dans la communauté touristique. De notoriété publique, la plupart des discothèques de Kuta sont la propriété de la mafia Russe, très influente dans cette partie de l’archipel indonésien et à Java. Le Sky Garden ne fait pas exception à la règle.

La discothèque s’étend sur quatre étages, baignés de lumières et de lasers incandescents, dans une musique tonitruante à vous percer les tympans. Les scènes sont enfumées des vapeurs bleutées de cigarettes américaines et il est toujours délicat de traverser les passages encombrées de danseurs et danseuses totalement ivres. L’alcool coule à flot, car ici le verre de vodka pure de 25 cl coûte en moyenne 10 000 roupies (1 €). Dans le deuxième étage, de délicieuses acrobates en monokini se déhanchent sur des musiques endiablées en faisant tournoyer dans les airs des bolas enflammées. Parmi la foule, d’autres filles sont là, également très légèrement vêtues. Elles attendent les clients que la nuit ne tardera pas à leur servir.

Un lieu à éviter si vous êtes à Bali

4 heures. Fin de soirée, les néons se rallument et la musique s’arrête. Dehors, dans le flot de taksi qui rentrent et la clameur des pots d’échappements, de pauvres êtres au regard vitreux tourné vers le néant, errent çà et là sans but sous la bruine matinale. Un chauffeur s’arrête  à notre hauteur et nous demande si nous voulons aller à Viva Tantra Massage. C’est un salon de massages érotiques très connu à Kuta où de nombreuses jeunes femmes exercent des prestations sexuelles tarifées. « Tida Ada ! » (Cela ne nous intéresse pas). Le taxi s’en va et s’arrête 10 m plus loin pour proposer la même chose à un autre groupe de touristes Australiens, les « meilleurs » clients de la prostitution à Bali paraît-il…

Kuta est un lieu horrible, hideux, mais c’était une étape de mon voyage et je ne la regrette pas. Si Bali est un paradis, Kuta Beach est certainement l’enfer au sein de cet Eden.

Le Sarong, costume typique de la tradition Balinaise

Avec des températures tropicales avoisinant les 35°C, j’ai définitivement abandonné le pantacourt et les T-shirt au profit de la tenue traditionnelle balinaise : le Sarong. Tel l’univers, l’humain est organisé du haut vers le bas, ce qu’annonce ce costume typiquement balinais.

Sarongs balinais multicolores

Une chemise légère aux couleurs vives et aux motifs floraux en batik, une blanche pour les cérémonies. Le sarong, pièce de tissu rectangulaire unie ou décorée, s’enroule autour de la taille comme un étui (d’où son nom) et se replie en franges sur le côté droit. Une ceinture de soie dorée le maintient fermement.

Autour de mon front, j’enroule parfois un udeng. C’est un morceau de tissu carré que l’on attache selon un savant pliage que j’ai encore quelque peines à réaliser seul. Agung m’a expliqué que la pointe du udeng doit être dirigé vers le haut (de la montagne).

Cette tenue très esthétique à l’avantage d’être d’une part très confortable, mais aussi de me confondre dans la population locale. Je surprends souvent les regards des balinais qui se retournent en me voyant et qui s’exclament : « Bagus ! Balinese sarong ». La plupart semblent surpris de voir un touriste porter le vêtement traditionnel, habituellement utilisé uniquement dans les temples et lors des cérémonies.

Costumes typiques des femmes balinaises
Costumes typiques de Bali et offrandes

Lorsque je m’exerce à parler dans la bahasa indonesia, et malgré mon teint clair, certains autochtones me demandent parfois si je suis d’origine indonésienne ! Hier soir, un serveur du Cinta m’a dit en s’inclinant : « Sryanamastuti ». C’est une prière balinaise que l’on fait à Sanghyang Widi Wasa, le dieu suprême du soleil… Rien que ça ! Je lui ai sourit en toute modestie et gratifié d’un « Baik terima kasih banyak » (Merci beaucoup en indonésien).

Horizons émeraude et balade en moto

Baie du terminal KL de Kuala LumpurC’est en survolant la région de Kuala Lumpur que j’ai réellement pris conscience du dépaysement. Les heures de vol et la fatigue accumulée entre les attentes dans les aéroports et le décalage horaire m’avait fait perdre un peu la notion des choses merveilleuses qui m’environnaient.

Kuala LumpurVu d’en haut, les campagnes ne sont que palmeraies verdoyantes, parcourues çà et là de fleuves et torrents tumultueux, un volcan aux pentes bleues apparaît à l’horizon. Et maintenant nous survolons la mer, bleue, verte, et le ciel est plein de petits nuages cotonneux, d’autres encore comme des duvets filandreux. Par moments de petits îlots de verdure surgissent au milieu des étendues gigantesques de l’Océan Indien, des atolls et récifs coraliens perdus dans l’immensité de la mer.

vue aérienne hublot Malaysia AirlinesSous la fine couche de nuage Sumatra se dévoile enfin, le soleil décline peu à peu jusqu’à plonger dans l’océan et nous approchons des lumières scintillantes de Denpasar, perdu dans le crépuscule rougeoyant des mers d’Orient.

Bali. J’ai retrouvé ma sœur qui m’attendait à l’aéroport et après quelques transactions difficiles pour trouver un Teksi à moins de 200 000 roupies, nous voilà tous deux à Batu Bulan. C’est une petite bourgade situé à une vingtaine de minutes de Ubud. Batubulan signifie Pierre de Lune (Moon Stone comme on dit ici). Et en parlant de lune, celle qui se dévoile peu à peu à travers la couche nuageuse est bien curieuse à cet endroit de la terre : jaune d’or avec un axe horizontal !

Je déjeunerai ce soir en compagnie de mon neveu, de Agung, David, Romain, Jojo, Neige et ma frangine. Un grand comité d’accueil qui attendait ma venue avec impatience. Direction le Café Wayan à Ubud, un jardin exotique et fleuri agrémenté de fontaines, de bassins et de statues de divinités. Un endroit reposant et envoûtant, idéal pour se ressourcer après ces 24 heures d’un voyage éreintant.

Circuit moto BaliNous partons avec la moto, le traditionnel moyen de locomotion des balinais. On roule habituellement à gauche, mais il arrive que dans le flux très dense de la circulation on emprunte la voie de droite, un sens interdit ou une voie à sens unique, en évitant de justesse un trou béant dans la route ou la queue d’un chien qui aboie en traversant ! Les indonésien sont très respectueux sur la route, chacun respecte l’autre et si vous restez suffisamment attentif à votre course, sans trop essayer de profiter de la vue ailleurs qu’en face de vous, tout se déroule pour le mieux. Par exemple, lorsque l’on quitte la rocade de Gianyar, une œuvre d’art macabre est là pour nous rappeler qu’à Bali le code de la route est moins respecté que celui de la religion, et qu’il requiert une totale concentration, de l’amabilité et le sens de l’humour !

Toutefois, il est vrai que ce premier voyage m’impressionna largement et, pour se plonger d’un coup dans la culture locale, il n y avait rien de tel !

Apprendre à parler la langue Indonésienne “Bahasa indonesia”

Je viens de faire la découverte d’une application sensationnelle dans mon moniteur : il s’agit d’un dictionnaire ludique de e-learning pour apprendre l’indonésien ! Je pratique et j’apprends vite. Je sais maintenant compter jusqu’à mille !

La langue indonésienne le bahasa Indonesia est la langue officielle de la république indonésienne depuis 1928. Le bahasa est dérivée du malais dont elle est très proche, mais elle a subi des influences arabes, sanskrites, persanes, chinoises, portugaises, néerlandaises et même anglaises et françaises, fruits de la l’histoire tourmentée de l’archipel indonésien où bien des influences se sont succédées.

Le principe est finalement très simple bien que les dix premiers chiffres possèdent de nombreuses syllabes, à la différence de notre langue maternelle. En effet, un se dit satu, deux se dit dua, tiga, empat, lima, enam, etc. Huit se prononce delapan, et neuf sembilan. Il est impératif de maîtriser les dix premiers, ensuite il suffit d’associer les chiffres et des lire à la suite avec quelques variantes pour onze (sebelas) et les centaines (seratus).

Un jeu permet  à la fin de la leçon,  de valider de façon ludique mes connaissances. J’ai 28 ans et en Indonésien cela se dit dua puluh delapan !

Une langue asiatique non tonale et très simple d’apprentissage

J’affectionne cette langue. La Bahasa Indonesia reste donc assez simple d’apprentissage et je commence à l’utiliser avec l’équipage, lequel semble apprécier mes démarches pour tenter de communiquer dans leur langue natale. Ne trouvant pas le sommeil dans les vibrations de l’appareil, je continue mes leçons jusqu’au petit matin.

Au petit déjeuner, une spécialité locale à base de ayam (poulet), de nasi (riz) et de kelapa (noix de coco). Un premier goût de cette exotisme culinaire pour bien démarrer la journée sous cette nouvelle latitude. Dans deux heures, nous nous poserons en Malaisie.

Ayam (poulet) et Kelapa (noix de coco) - Malaysia Airlines

Structure de la langue Indonésienne

Le gros avantage de l’apprentissage du bahasa pour un européen vient déjà du fait qu’elle n’est pas tonale comme pour beaucoup d’autres langues asiatiques et que son alphabet a été romanisé ce qui en facilite grandement l’accès.

Apa kabar ? Baik baik !

Lorsque vous-vous promenez dans Bali, ses habitants qui adorent discuter, vous posent presque toujours les mêmes questions… Apa kabar (comment ça va ?), Mau ke mana (Où allez-vous), Dari Mana (D’où venez-vous ?), Siapa Nama Anda (Comment vous appelez-vous ?), Sudah nika (Êtes-vous marié ?), etc. Pour un occidental, ces questions peuvent sembler étranges voire indiscrètes mais apprenez que c’est une façon pour le balinais de vous montrer qu’il vous porte un intérêt. Vous apprendrez vite que de ces quelques premiers mots échangés peuvent faire naître de grandes complicités qui vous ouvriront les portes de l’authentique Bali.

Prononciation phonétique en Indonésien

Dans la langue Bahasa Indonesia, on prononce les lettres de la même façon qu’en français, à l’exception de celles-ci :

c« tch »
eselon sa position dans le mot se prononce « é », « è » ou « eu »
haspiré, comme en Arabe
j« dj »
kIl ne se prononce pas s’il est en fin de mot
rroulé, comme en Espagno
u« ou »
wse prononce à l’Anglaise

Quelques expressions pour communiquer

Ke mana… ?Quelle est la direction pour… ?
Mau ke mana ?Où allez-vous ?
Dari Mana ?D’où venez-vous ?
Saya PerancisJe suis Français
Apa kabar ?Comment allez-vous ?
Baik baik !Je vais très bien !
Siapa Nama Anda ?Comment vous appelez-vous ?
Nama saya KlerJe m’appelle Kler
Sudah nika ?Êtes-vous marié ?
Sudah bisa bahasa indonesia ?Parlez-vous Indonésien ?
Sedikit sedikitUn tout petit peu

Formules de politesse en Indonésien

Selamat pagi / siang / sore / malamBonjour ou bonsoir, en fonction du moment de la journée : pagi, le matin avant 11h. Siang (pronocé « si-âne-g ») : entre 11h et 14h. Sore : après 14h. Malam : à partir de 19h.
Selamat tidurBonne nuit
SilakanS’il vous plaît
MaafDésolé
PermisiExcusez-moi
Selamat datangBienvenue
Selamat makanBon appétit
Selamat tinggalAu revoir (à celui qui reste)
Tida / Tida adaNon merci / Je n’ai besoin de rien
Terima kasihMerci

Pour aller plus loin, cette petite vidéo de Budi, un Indonésien qui vous apprend à parler le Bahasa Indonesia :

* On dénombre pas moins de 450 dialectes différents en Indonésie, parlés dans les de 15 000 îles que compte l’archipel ! La création de la Bahasa Indonesia est née de la volonté d’acquérir une langue commune, tout en conservant les dialectes insulaires.