Le Pura Tanah Lot de Tabanan

J’arrive au terme de mon voyage mais curieusement, j’ai le sentiment d’être ici depuis plus longtemps. J’ai découvert tant de choses admirables et rencontré tellement plus de gens que je ne l’imaginais. Il ne me reste plus qu’à me rendre à Tanah Lot, réputé pour ses couchers de soleil féériques.

Après une demi-heure de route, le spectacle qui s’offre à moi est impressionnant et magique. C’est un temple perché sur un piton rocheux au milieu de la mer et à quelques brasses seulement de la côte. À marée basse on y accède par la plage. Au pied je me suis ressourcé dans la source d’eau claire qui sourd depuis les entrailles de la roche.

Les vagues viennent se briser violemment contre les contreforts du temple et le spectacle de l’écume jaillissant autour de la pierre noire est saisissant. Non loin de là, un autre temple a été bâti sur une arche de pierre naturelle.

Temple de Tanah Lot

On m’avait dépeint le sanctuaire fourmillant de touristes, appareils photo en main, mais par bonheur le temple est très calme aujourd’hui.

Convenances et savoir-vivre

Ici on mange du Nasi CampurAgung et Marie essaient de m’expliquer les nuances étonnantes qui existent dans la population à Bali. Il demeure un décorum complexe, parfois difficile à maîtriser, mais dont le langage inclut toujours le sourire : c’est l’étiquette.

Comme je l’écrivais dans un précédent article : le langage et l’étiquette reflètent un univers normalisé, où tout individu ressent immuablement sa condition dans le monde, l’espace et le temps.

Les castes dans la société balinaise

Le système est construit autour de quatre classes héréditaires, proche des castes et importé à Bali par les javanais. On retrouve trois castes nobles appelées triwangsa, au sein desquelles il y a :

  • les Brahmana (érudits et clercs),
  • les Satria, qui détiennent le pouvoir temporel,
  • les Wésia, administrateurs du royaume.

Les ouvriers, les artisans et les paysans balinais font partie quant à eux de la caste Sudra.

Les prénoms nous apprenne la position sociale et familiale

La plupart des balinais portent un nom, précédé de «Ni», pour les femmes et de «I» pour les hommes. S’ils sont nés les premiers, ils seront nommés «Wayan», «Putu» ou «Gedé». Les cadets «Madé» ou «Kadék». Le troisième enfant portera le nom de «Nyoman» ou celui de «Komang» et le quatrième s’appellera «Ketut». Avec les suivants la série recommence depuis le début.

Les nobles et les aristocrates bénéficient de divers titres : «Déwa» et «Cokorda» sont utilisés par les Satria. «Gusti» est porté par ceux de la caste Wésia et «Agung» est un nom que l’on donne aux princes.

Fêtes du calendrier Pawukon

Il y a de nombreuses occasions de faire des fêtes à Bali, les fidèles se parent alors de riches vêtements afin d’honorer les dieux, pour plaire mais aussi tenir son rang.

Le calendrier balinais (Pawukon) est ordonné sur un cycle de 210 jours. Une année se compose elle-même de 30 cycles de 7 jours, le wuku. Je suis né le 22ème jour du moi de mai, en 1982 et selon le calendrier balinais, mon signe astrologique est Fleur du Soleil

2 janvier : Tumpek Kandang
29 janvier : Pleine lune
6 février : Tumpek Wayang
27 février : Saraswati
14 février : Nouvel an chinois
28 février : Pleine lune
16 mars : Nouvel an balinais – Nyepi
29 mars : Pleine lune
17 avril : Tumpek Uduh
28 avril : Pleine lune
12 mai : Galungan
22 mai : Kuningan
27 mai : Pleine lune
26 juin : Tumpek Krulut
26 juin : Pleine lune
26 juillet : Pleine lune
31 juillet : Tumpek Kandang
17 août : Fête Nationale de l’indépendance de l’Indonésie
24 août : Pleine lune
10-11 septembre : Idul Fitri
23 septembre : Pleine lune
25 septembre : Saraswati (déesse de la sagesse et de la connaissance)
29 septembre : Pagerwesi
9 octobre : Tumpek Landep
22 octobre : Pleine lune
13 novembre : Tumpek Uduh
21 novembre : Pleine lune
8 décembre : Galungan
18 décembre : Kuningan

Cérémonie sous la Pleine lune

Agung nous entraîne ce soir dans sa famille pour l’anniversaire de son jeune cousin. Nous dégusterons des mets locaux préparé pour l’occasion et ensuite, direction la cérémonie qui a lieu dans le wantilan voisin, sous la pleine lune.

La demeure où nous séjournons est, comme la plupart des maisons balinaises, bâtie sur un terrain relativement grand et entourée de murs. À l’interieur, quatre pavillons ont été construits aux quatre points cardinaux et que l’on nomme ainsi : bale dauh pour celui qui est à l’ouest, bale dangin pour celui de l’est, bale daja et paon, la cuisine, dirigée vers le Sud de l’île où règne Brahma, le dieu du feu. Au milieu du jardin trône un petit clapier richement décoré autour duquel on trouve quelques offrandes. Il s’agit de la demeure d’un coq, un animal sacré et vénéré.

L’urab préparé ce soir est délicieux mais fortement épicé. Toutefois, mélangée au riz j’en perçois plus les arômes et l’ardeur des piments sur ma langue diminue un peu. C’est un art culinaire étonnant, où se combinent de délicieux ingrédients. Épices et aromates sont moulus, mixés et mélangés aux aliments, leur donnant une saveur et un goût très particulier.

Ensuite nous nous rendons ensemble à la cérémonie sous le préau communal (le wantilan). De jeunes enfants du village participent à un spectacle grandiose. Je retrouve des danseuses Legong et un divertissement fantasmagorique racontant l’histoire d’un prince. Tous s’expriment en indonésien mais le jeu des personnages permet de discerner le fil de l’histoire. Il y a beaucoup d’humour, de jeux de scène et les costumes sont merveilleux; verts, bleus, réhaussés de pompons rouges, d’arabesques dorées, de petits miroirs et de fleurs d’hisbiscus ou de frangipanier. D’un côté de la scène de jeunes musiciens accompagnent les acteurs au gamelan.

La cérémonie – qui a lieu dans le pura balé agung du village – est toute aussi colorée. Les allées du temple resplendissent de paniers d’offrandes en feuilles de bananier tressés, remplis de fruits et d’une myriade de fleurs, du rouge profond de l’hibiscus aux fleurs blanches des frangipaniers. Des Canang sari; tressage supportant une chique de bétel, des saté gedé; les offrandes réalisées par les hommes, Kéwangén enrichis de pétales de fleurs, Pénjor des Montagnes sacrées, Lamak tressés de feuilles jaunes et vertes des palmiers lontar, Porosan, etc. Ça et là, des volutes d’encens s’échappent de quelques coupes et brûle-parfums d’argent. Un dalang présente un rituel de wayang kulit, pendant ce temps un comédien en topéng keras (masque plein) danse et conte les chroniques légendaires des clans et royautés de Bali.

Objets sacerdotaux balinaisLe prêtre siège au dessus de la foule. Il prépare l’eau sacrée en agitant une petite clochette, au son d’incantations et de prières balinaises. Les balinais rendent hommages aux dieux par des aspersions d’eau puis, par trois fois ils boivent l’eau. En échange il reçoivent quelques grains de riz sur le front, la gorge et les tempes.

Rites de passage

Je suis venu en Indonésie plein de questionnement et en quête de réponses que je ne trouvaient pas ailleurs. J’avais besoin de débrouiller ma vie, de l’éclaircir et de me ressourcer quelque temps dans un environnement paisible et préservé. Pour cela Bali, son univers, sa culture, ses croyances et les gens que j’ai croisé m’ont éclairé.

Les balinais sont particulièrement fervents et à leurs yeux l’existence est une succession de vies, de morts et de renaissances qui ne prendront fin qu’avec le Moksa, lorsque l’être se mélange à jamais dans le macrocosme. Les rites de passage facilitent les étapes de la vie terrestre.

Tous les grands évènements de la vie (naissance, mariage, mort…) sont marqués par des cérémonies durant lesquelles des offrandes sont offertes aux différentes divinités.

Jeunes balinais en scooterLa naissance

Dès la naissance le nouveau-né, dans lequel se réincarne un ancêtre, est nommé « Dewa » (ce qui signifie divinité) jusqu’à ce qu’il ait atteint 42 jours, puis il sera béni par le brahmane (Pedanda*).

Lors de son troisième mois de gestation, la future mère fait l’objet d’une cérémonie et tout le long de la grossesse elle portera des amulettes pour la protéger de la complaisance des Leyak, des sorcières et démons avides de se repaître des chairs de l’enfant.

Après l’accouchement, la mère est considérée comme « impure » pendant 42 jours et le père pendant 3 jours.

Au quatorzième jour le nouveau-né reçoit son nom. Un nom secret qui lui est propre et que lui seul connaît.
Il est constamment porté par ses parents, car ramper est réservé aux animaux. Il ne touchera pas le sol impur avant un rituel de présentation à la terre et aux divinités ancestrales, soit au bout de 105 jours.
Les enfants balinais connaissent une enfance remarquable, libre de contraintes et les adultes les traitent en égaux. Ils sont nourris au sein aussi longtemps qu’ils le désirent (et parfois au-delà de leur 3 ans). Les choses de la vie des adultes ne leur sont pas cachées. Ils abordent ainsi la puberté et la sexualité sans pudeur, surprise ni culpabilité.

A l’adolescence, l’enfant devra se présenter à un cérémonial essentiel exécuté au sein de la famille : le limage des dents qui a pour but de chasser six mauvais esprits : l’intempérance, la jalousie, la colère, la cupidité, la luxure et la folie.

Danseuse et demoiselle d’honneurLe Mariage

Le rite du mariage est un sacrifice aux génies inférieurs qui purifie l’acte sexuel. Il est généralement célébré bien après sa consommation.
Jadis, une femme balinaise ne pouvait épouser un homme de caste inférieure.

La Mort et la crémation

Le cérémonial de la crémation est un rituel extrêmement important dans la culture balinaise. Si l’incinération vient de l’Hindouisme, les balinais lui donne un caractère tout à fait autre qu’en Inde, en croyant en la force purificatrice du feu et de l’eau pour que l’âme puisse accéder dans l’au-delà. Les cendres devront être dispersées dans la mer ou dans une rivière. Le rituel est onéreux, aussi est-il souvent collectif et il ne s’effectue pas immédiatement après la mort. La crémation est le devoir primordial de chacun envers les défunts. Il convient de libérer l’âme en détruisant l’enveloppe charnelle qui la retient prisonnière.

Costumes traditionnels de mariage

Appendice : Certains éléments de cet article proviennent de l’Encyclopédie Bali Authentique et Universalis.

Le dalang et la wayang kulit

Agung est passé nous prendre à la maison pour nous emmener dans son village natal. Là-bas nous y rencontrerons Made Subandi, le plus grand joueur de gamelan de Bali.

Marionnette à l'éfigie de Kresna
Marionnette à l’effigie de Kresna, achetée dans la boutique de I Wayan Nartha à Sukawati.

Nous rencontrons Made Subandi chez lui en pleine répétition de son prochain spectacle de marionnettes d’ombres indonésiennes. Depuis quelques temps, Made est dalang (marionnettiste) et son professeur et ami est également présent. Les Balinais n’évoquent guère ce sujet, mais tous croient aux sorcières et à la magie. Les forces négatives sont tout simplement les opposés des forces du bien. On retrouve cette antinomie dans la droite et la gauche des scènes de théâtre d’ombres.
Le théâtre de marionnettes (wayang kulit = poupée de cuir) est la forme artistique la plus complexe et la plus sacrée. Ce spectacle merveilleux véhicule aussi des enseignements éthiques et spirituels. Ce n’est pas un divertissement mais un rituel et l’on assiste à des représentations dans des théâtres, lors de cérémonies, de mariages, etc.

Les marionnettes, confectionnées en cuir de buffle peint et finement ciselé, sont placées dans un tronc de bananier, de part et d’autre du Kayon, l’Arbre de Vie dans les branches duquel on découvre de nombreux animaux mythiques et sacrés (singes, tigres, nâgâ cosmique…). Les personnages maléfiques sont placés à gauche et les gentils à droite. Devant il y a un drap blanc et une lampe à huile de coco renvoie l’ombre des marionnettes sur la toile. Le spectacle commence toujours par la danse du Kayon, qui projette son ombre au centre de la scène. Le dalang prête sa voix à tous les personnages, aigüe et douce pour les bons, basse et vociférante pour les mauvais, il chante, récite des mantras et dirige également l’orchestre de gamelan qui l’accompagne !

Les thèmes qui sont joués sont des épopées épiques issues de la literrature indienne du XIIe siècle : le Ramayana et le Maharabata. Le Ramayana raconte l’histoire du prince Rama et de sa fiancée Dewi Sita, délivrée par le dieu des singes, Hanuman.

Ensuite Made nous entraîne dans la boutique de son maître conteur I Wayan Nartha à Sukawati, qui réalise ses propres marionnettes. C’est un travail absolument remarquable et magique qui s’offre à nos yeux, la boutique est remplie de créatures étonnantes et multicolores, des dieux et des déesses de la mythologie Indienne et Indonésienne, des animaux fabuleux et des Kayonan majestueux qui rayonnent de leurs couleurs éclatantes. Je quitte cet artiste avec quelques créations uniques sous le bras, dont un magnifique Kresna vert et or.

Déjeuner avec Made au Warung Babi Guling de Peliatan où nous dégustons (enfin !) cette spécialité qui occupe une place d’honneur dans de nombreux banquets : le fameux Babi Guling ! C’est un cochon de lait rôti à la broche, et farci de piments, de gingembre, d’ail et d’épices. Puis direction la fabrique d’instruments de musique de Gianyar, où je découvre avec stupéfaction des centaines de pièces de bois ouvragés qui viendront supporter gongs et gamelan batel, pelégongan, saron, etc.

Ce fut une journée très artistique, riche de nouvelles découvertes enrichissantes, à la rencontre de créateurs et d’artistes balinais. Comme le dit Agung dans sa langue poétique : « Jalan, jalan, terasa ». Rasa, c’est le goût, et terasa, c’est lorsqu’on se rend quelque part sans voir le temps passer, parce que le voyage a une saveur particulière.

Legong dance au Balai banjar Ubud kelod

La danse Legong est un spectacle balinais qui, selon la tradition indonésienne, raconte — dans une apothéose de costumes dorés, étincelants et diaprés — le ballet divin de nymphes célestes.

Legong Dance - Danseuse LegongLe légong aurait été inspiré par la danse exorciste de sanghyang dedari. Dans la danse classique de Bali, le legong est réputé comme témoignage du raffinement de la féminité et de la grâce. Les danseuses sont habillées de luxueux costumes rayonnant et de coiffes et couronnes embellies de fleurs. Parfois même, elles manipulent un éventail. Elles sont accompagnées d’une musique exécutée par un orchestre de gamelans.

Le Legong obéit à un code rigoureux qui impose des gestes précis et détermine le mouvement du regard, du visage, la position des hanches, des mains et des doigts.

Dès l’âge de 5 ans, les petites filles de Bali aspirent à représenter leur village comme danseuses de Legong. Généralement, elles arrêtent de le danser à l’adolescence, lors de l’émergence de leurs premiers mois.

Costumes et traditions

Avec ces températures tropicales avoisinant les 35°C, j’ai abandonné le pantacourt et les T-shirt pour la tenue traditionnelle balinaise : le Sarong. Tel l’univers, l’humain est organisé du haut vers le bas, ce qu’annonce le costume.

Balinais en costume traditionnelJe préfère une chemise légère aux couleurs vives et aux motifs floraux en batik, une blanche pour les cérémonies. Le sarong, pièce de tissu rectangulaire unie ou décorée, s’enroule autour de la taille comme un étui (d’où son nom) et se replie en franges sur le côté droit. Une ceinture de soie le maintient fermement.

Autour de mon front, j’enroule parfois un udeng. C’est un morceau de tissu carré que l’on attache selon un savant pliage que j’ai encore quelque peines à réaliser seul. Agung m’a expliqué que la pointe du oudang doit être dirigé vers le haut (de la montagne).

Cette tenue très esthétique à l’avantage d’être d’une part très confortable, mais aussi de me confondre dans la population locale. Je surprends souvent les regards des balinais qui se retournent en me voyant et qui s’exclament : « Bagus ! Balinese sarong ». La plupart semblent surpris de voir un touriste porter le vêtement traditionnel, habituellement utilisé uniquement dans les temples et lors des cérémonies.

Lorsque je parle dans la bahasa indonesia, et malgré mon teint clair, certains me demandent quand même si je suis d’origine indonésienne. Hier soir, un serveur du Cinta m’a dit en s’inclinant : « Sryanamastuti ». C’est une prière balinaise que l’on fait à Sanghyang Widi Wasa, le dieu suprême du soleil. Je l’ai regardé en souriant et gratifié d’un « Baik terima kasih banyak » (Merci beaucoup en indonésien).

Barong et la danse Kris

Ce matin le roi-esprit Barong affrontait la reine-démon Rangda dans une grande bataille opposant le bien et le mal. Je suis allé à un spectacle envoûtant, dans un lieu magique, un théâtre de verdure et de sculptures monumentales. Ce fut un triomphe de costumes chatoyants dans une épopée mythique admirable.

Barong prend l’apparence d’un lion, animal qui représente le jour, la lumière et les forces du bien. Les costumes des comédiens étaient sublimes et leurs gestes si réalistes que je me suis surpris à le croire réellement devant moi, faisant le beau en attendant que je le saisisse dans sa meilleure pose.

Barong entre en scène, il danse, il joue, s’amuse avec sa queue puis avec un singe. Celui-ci le nargue et se moque de lui. Durant la bataille qui oppose les deux forces dualistes de notre monde, Rangda jette un sort aux hommes qui tentent d’aider Barong, et ceux-ci retournent leurs armes (les épées Kris) contre eux. C’est un spectacle étonnant et le jeu des comédiens est tel que l’on craint à chaque instant de voir jaillir leur sang.

Heureusement, Barong intervient et les empêche de se blesser.

Rangda, féroce démone femelle de Bali, possédait une langue ardente, une poitrine tombante et des yeux exorbités. Associée à la maladie et à la mort, elle était à la tête d’une bande de sorcières. Son nom, qui signifie « veuve », semble indiquer qu’elle tire ses origines d’une reine balinaise du XIe siècle, exilée pour avoir pratiqué la sorcellerie.

Ce spectacle m’a transporté dans une dimension autre, entre démons et légendes, dans un panthéon d’une richesse inouïe. Les balinais sont un peuple d’artistes, d’architectes, de peintres, de comédiens. Une civilisation emplie de sacré, de ferveur et d’ancestrales croyances qui me font rêver chaque jour un peu plus.

La troupe de Sahadewa se produit chaque jour sur la scène ouverte de Chandra Budaya à Batubulan. Si vous souhaitez en savoir davantage sur cette troupe de comédiens, visitez le site www.sahadewabarongdance.com

Tari Kecak

Ce soir nous irons au théâtre voir le Tari Kecak, une comédie d’amour éternel, comme aime le préciser Agung en riant. Le spectacle a lieu chaque soir vers 18h30 et dure environ une heure. Il met en scène une centaine de comédiens et raconte une antique histoire, riche de démons et de dieux pas toujours bienveillants.

Les origines du Kecak remontent à la Mythologie Indienne. Elle s’inspire du Ramayana, un texte local anciennement écrit en sanscrit. C’est l’histoire du roi Rama et de sa femme Dewi Sita, exilés dans la forêt durant 14 années par les intrigues politiques de Sumitra. Ils sont poursuivis par Rahwana, le dieu des démons qui enlève Dewi Sita et l’emmène sur l’île de Lanka. Rama, fou de douleur, s’allie alors avec Hanuman du peuple des singes pour récupérer son épouse.

Dans la danse, le peuple des singes est représenté par une centaine de danseurs qui chantent «chak» durant tout le spectacle, agrémentant la comédie d’un rythme sonore entraînant.  On retrouve également quelques danseuses, un dragon, l’oiseau Jatayu, l’aigle Garuda (qui est aussi l’emblème de l’Indonésie et la fabuleuse monture de Vishnu), le singe Hnuman, Brahma et bien d’autres personnages de la cosmogonie Indonésienne et Indienne.

Après cela je file vers Ubud, pour dîner au Warung Simple de Meiri. Le retour se fera sur mon futur moyen de locomotion : un scooter !  À moi les routes balinaises et leur incroyable circulation…