Gourmandises et plaisir des papilles à Bali

Les gourmandes et les gourmands se régaleront à Bali ! Voici une petite liste de quelques-uns des desserts que vous trouverez dans les warungs balinais, chez l’habitant et dans plusieurs restaurants de l’île. La plupart sont à base de riz, de riz noir, de sucre de palme ou de Pandanus, une plante tropicale dont on utilise la feuille pour obtenir la couleur verte. La plupart des dessert sont cuits à la vapeur ou frits dans un bain d’huile… C’est très bon et juste un peu calorique 😉

Le Jajan Bantal

Jajan Bantal dessert balinais

Préparé à base de nasi putih (riz blanc gluant) avec de la noix de coco et du sucre, le Jajan Bantal est enveloppé dans une feuille de cocotier puis cuit à la vapeur. On en trouve beaucoup lors des cérémonies dans les paniers et les offrandes. Un régal pour vos papilles !

Black rice pudding (Bubuh Injin)

Mon coup de cœur ! À Ubud au Wayan’s Café, à Selang au restaurant du Good Karma ou à Yeh Pulu chez Kadek Harmini, vous trouverez toujours un Black rice pudding ou porridge dans les warungs et restaurants de Bali. Composé de riz noir gluant mélangé à du lait de coco et du sucre de palme. Le dessert est souvent servi chaud mais on peut aussi le consommer froid, accompagné de fruits frais, comme de la goyave, de la papaye, des tranches d’ananas ou de pastèque.

Pisang goreng (bananes frites)

Kadek prépare le pisang goreng

Ce dessert ressemble à nos beignets de bananes et vous pouvez aussi demander des nanas goreng (ananas frit). La banane est coupée en fines tranches, plongée dans une pâte à crêpes épaisse puis frite dans l’huile. Vous pouvez ajouter du sucre de palme, de la noix de coco râpée ou une larme de madu (miel).

Dadar Gulung

Les Dadar Gulung sont de petites crêpes colorées au Pandanus, roulées avec une farce de noix de coco râpée et de sucre de palme. Consultez cette page pour connaître la recette de mon second dessert balinais préféré !

Le Lak-Lak

Le dessert préférée des balinais. Vous en trouverez partout, sur les marchés, dans les warungs, les restaurants et même chez l’habitant. C’est à Sidemen que nous avons goûté la première fois les Lak-Lak, de petites crêpes de riz servies avec du sucre de palme, de la noix de coco râpée fraîche, du miel et parfois quelques fruits comme des bananes par exemple ! Des bananes il faut avouer qu’il y en a partout, c’est un fruit que vous mangerez souvent à Bali. Parfois, le lak-lak peut être accompagné de riz noir chaud ou d’une crème de Pandanus.

Selamat menikmati ! *

Petit lexique culinaire

Le Pandanus

Pandanus Bali

Cette plante verte locale est utilisée dans la cuisine Indonésienne pour son colorant naturel vert anis. On en retrouve surtout dans les gâteaux, les desserts et les crêpes mais sachez que les Indonésiennes s’en servent également comme savon pour les pieds !

Le sucre de palme

Contrairement au palmier à huile (produisant de l’huile de palme), le palmier aren avec lequel on fait le sucre de palme n’utilise que très peu d’eau et de sels minéraux sur les terres où il est cultivé. Son aliment préféré c’est le soleil ! Ainsi, lorsque vous mangez des Dadar Gulung, vous mangez du soleil !

* S’il vous plaît, régalez-vous !

La recette du Dadar Gulung

Les Dadar Gulung (appelées aussi Coconut Pancake ou Crêpes à la noix de coco) sont de petites crêpes colorées au Pandan, roulées avec une farce de noix de coco râpée et de sucre de palme. Accompagné d’un délicieux jus de fruits frais, vous ne ferez qu’une bouchée de ce dessert Indonésien !

Temps de préparation : 10 minutes
Temps de cuisson : 10 minutes

Ingrédients (pour 4 personnes)

Pour la pâte à crêpes :

  • 250 g de farine de riz (ou de farine de blé)
  • 10 cl d’eau
  • 25 cl de lait de coco
  • 1 œuf
  • 1 cuillère à soupe d’extrait de feuille de pandanus (épiceries asiatiques) ou du colorant alimentaire vert.

Pour la garniture :

  • 100 g de sucre de palme (ou sucre roux)
  • 200 g de noix de coco râpée
  • 10 cl d’eau

Préparation de la recette :

  • Mélanger l’eau, le lait de coco, la farine, l’oeuf et l’extrait de pandanus pour préparer la pâte à crêpes.
  • Dans une poêle, faire revenir le sucre et l’eau, puis ajouter la noix de coco râpée et mélangez jusqu’à évaporation de l’eau.
  • Faites cuire les crêpes en les retournant à mi-cuisson.
  • Posez un peu de mélange à la noix de coco dans la crêpe puis pliez-la en utilisant la même technique que pour un nem ou un rouleau de printemps.

C’est prêt, vous n’avez plus qu’à vous régaler. Selamat makan !*

* Bon appétit !

On a quoi dans nos sacs à dos ?

Pour les curieux qui voudraient savoir ce que l’on peut mettre dans un sac à dos pour un road-trip à Bali , voici une petite liste — non exhaustive — de ce que vous pouvez emporter. Soyez réaliste, vous ne pourrez pas tout prendre, il faut donc faire des choix et c’est là que ça se complique…

Pour ma part, je prends toujours mon petit « camel back », acheté chez Décathlon en 2009 et qui ne m’a jamais fait défaut. Après cinq années de routes et quelques treks sauvages, les fermetures éclairs sont toujours en pleine forme et les poches renforcées protègent encore appareil photo et carnets de croquis. Cette année nous partions à trois, moi, Line et Nathalie. On s’est donc partagé certaines des affaires citées ci-dessous. Si vous louez un scooter, le porte bagage est spacieux et permet de ranger pas mal de choses (en tassant un peu).

Qui voyage léger ménage sa monture

Côté vêtements, à Bali en Septembre il fait en moyenne 28°C toute la journée. Sur les îles Gili également mais les régions volcaniques sont fraîches donc emportez une petite laine. Pour les hébergements locaux où l’hygiène peut parfois laisser à désirer, prévoyez un drap de soie. En plus vous pourrez dormir sur la plage en écoutant le bruit des vagues. Elle est pas belle la vie ?

1 paire de chaussettes (dont je ne me suis servi que dans l’avion et pour mon retour à Paris), 1 paire de tongs, 3 caleçons (que je lavais régulièrement) et un maillot de bain. Un ou deux sarongs pour pénétrer dans les temples balinais et un oudang, la coiffe traditionnelle des hommes à Bali. 2 chemises en Batik achetées sur place et 1 tee-shirt de rechange. Le poncho ne m’aura pas servi une seule fois, mais c’est à prévoir en cas de forte pluie tropicale, on ne sait jamais !

Trousse à pharmacie

nathalie-cactus
Wayan extraie les épines de cactus du bras de Nathalie !

Les petits bobos quotidiens arrivent parfois, chute en scooter dans un cactus (si, si ça arrive), éraflures sur les genoux lors d’une plongée sur le récif corallien, piqûres d’insectes, etc. Prévoyez pansements, votre vaccin anti-paludique à jour, une crème anti-moustiques (spécial tropiques), des protections hygiéniques, 1 boîte de sérum physiologique, 1 tube de Biafine (bien utile contre les coups de soleil) et 1 boîte de collyre car les projections de poussières sont fréquentes sur les routes à Bali. Afin de prévenir tous désagréments intestinaux et d’éviter de passer une nuit sur les toilettes de votre bungalow, un anti-diarrhéique est toujours le bienvenu 😉

Les essentiels du geek nomade

Personnellement, lorsque je pars en road-trip ce n’est pas pour me connecter à Internet tous les quarts d’heure ou pour envoyer des photos sur Face de bouc. Je ne prends donc que mon appareil photo, un chargeur, le cordon qui va avec et une carte SD de rechange. Les prises électriques à Bali ne nécessitent pas d’adaptateur. Prévoyez aussi une clé USB avec copie de vos documents (passeport, pièce d’identité, billets d’avion, etc).

Les objets confort

Dans la trousse de toilette : 1 brosse à dent, du dentifrice mais vous en trouverez dans les supermarchés sur place, idem pour le shampoing que certains hôtels mettent aussi à disposition de leurs clients. La crème solaire est impérative, tout comme le stick à lèvres car le soleil tape dur en Indonésie et les vents marins sont gorgés de sel. Les balinais aiment se parfumer, n’oubliez pas votre déodorant, un rasoir et un petit savon.

Les objets pratiques

La paire de lunettes est indispensable ! Achetez-la de préférence avant de partir, certifiée anti-UV mais vous trouverez de bonnes lunettes « polarisées » auprès de marchands ambulants. Même s’ils prétendent le contraire, les Ray ban sont de jolies contrefaçons importées de Kuala Lumpur. Quoi qu’il arrive, protégez vos yeux, ils vous seront d’une grande utilité pour : regarder la route, éviter les chiens qui traversent n’importe quand et surtout pour vous émerveiller devant la beauté des paysages Balinais !

Pour écrire le récit de mes aventures et parce que j’adore dessiner, j’emporte toujours mon carnet de croquis, une boîte d’aquarelle, un pinceau et 2 stylos à encre.

Pour fixer le sac au scooter et se prémunir des éventuels maux du bassin, le tendeur est l’idéal. Les massages balinais vous remettront sur pied mais il vaut mieux prévenir que guérir, surtout lors d’un voyage en itinérance à l’autre bout du monde.

Un couteau suisse vous sera toujours utile, 1 cadenas aussi même si le vol est très rare à Bali. Sur la route, le masque est recommandé si vous ne souhaitez pas remplir vos poumons de CO2 à chaque inspiration. N’oubliez pas votre passeport et rangez-le dans une pochette étanche ou dans une pochette sécurisée. Certains hôtels comme le Prima Cottage à Sanur disposent d’un coffre où vous pouvez laisser vos affaires et papiers gratuitement. Ça ne coûte rien de demander et vous pourrez voyager le cœur plus léger 😉

La bouteille d’eau, un indispensable dont vous ne pourrez vous passer. Sur place, les petites bouteilles coûtent 3000 roupies et vous pouvez demander à les faire remplir pour économiser du plastique, c’est le cas par exemple au Good Karma de Selang, à l’Est d’Amed.

Les trucs pour ne pas se prendre la tête

il-reste-de-la-placeLe plus important : une carte détaillée des îles (la carte ITM Bali-Lombok est globale et très précise). Les guides : The Natural Guide, Bali – Lombok – Florès – Sumba – Sumbawa est un un guide essentiel pour ceux qui souhaitent découvrir l’Indonésie autrement et pratiquer un tourisme durable et responsable pendant leur voyage. Ses auteurs vivent sur place et défendent une vision : « voyager, c’est aller à la rencontre des peuples, en respectant la beauté du monde et ses habitants. »

Le Routard est un bon guide, mais son édition 2014/2015 à l’inconvénient de présenter des tarifs assez farfelus.

Au final, le sac à dos pèse moins de 8 kilos et il reste encore de la place dans les porte-bagages de nos trois scooters, nous pouvons donc ramener quelques souvenirs de ce périple sur l’Île des Dieux !

Saveurs épicées de l’Indonésie

La cuisine Indonésienne est l’une des plus riche et colorée dans le Monde, pleine de saveurs intenses. Un grand nombre de cuisines régionales existent, souvent basées sur la culture autochtone et les influences étrangères. L’Indonésie compte environ 5 350 recettes traditionnelles, de quoi ravir tous les appétits !

Le gado-gado balinais
Préparation du Gado-gado (extra pedas !)

« Rempah » est le mot Indonésien pour désigner les épices et « Sambal » pour les piments. Connue à travers le monde comme « l’île aux épices », Maluku a contribué à l’introduction des épices indigènes à travers la cuisine du monde entier. Tandis que la noix de muscade, le clou de girofle, les feuilles de Pandanus, le kluwek ou la galanga sont originaires d’Indonésie, le poivre noir, le curcuma, la citronnelle, la cannelle, les échalotes, la coriandre et le tamarin proviennent vraisemblablement d’Inde. Le gingembre, les oignons verts et l’ail ont quant à eux été introduits dans les temps anciens depuis la Chine.

Suka pedas ! *

Panier d'épices Indonésiennes
À Bali, vous trouverez toutes les épices de l’Inde et d’Asie

La cuisine balinaise est connue pour sa combinaison délibérée de saveurs épicées (aigre, douce, chaude) et de textures (humide, épaisse, sirupeuse ou dure) offrant un contraste étonnant dans les plats culinaires.

En Indonésie, les mets savoureux à base de citronnelle, de cardamome, de piments, de tamarin et de curcuma créent des thèmes gastronomiques originaux. Il n’est pas rare que le vinaigre soit aussi ajouté au sucre de palme pour produire le fameux « kecap manis », un jus aigre-doux de couleur brune qui agrémentera votre nasi putih (riz blanc).

Épices, thé et fleurs séchées
Épices, thé et fleurs séchées.

Le Safran indonésien, couramment appelé « kunyit » par les locaux, est utilisé pour colorer de jaune les plats à base de riz, tout en lui conférant un arôme épicé. Le Terasi, une pâte de crevettes à l’arôme puissant est souvent utilisée en petites quantités dans les sauces. Dans le gado-gado comme dans de nombreux plats typiques balinais, les piments (verts ou rouge) sont écrasés avec des échalotes et des tomates, du citron et du sel pour produire cet effet de chaleur qui vous envahit le palais à chaque bouchée !

* J’aime épicé !

Un amour de Bumbu !

Partir 6 mois, 1 an, barouder en travaillant sur place pour subvenir à ses besoins. Faire la plonge, du théâtre, cuisiner des mie, jouer de la musique, peindre sous l’eau… Certain-e-s ont fait ce choix, celui de poser son sac et de rester. C’est le cas de Sophie Kukukita qui, depuis les îles Gili nous conte son Indonésie :

Préparation du bumbu
Le secret de la réussite du bumbu réside dans sa préparation…

Si vous recherchez l’amour ou que vous souhaitez vous réconcilier avec votre chère et tendre moitié, essayez le bumbu ! À Bali comme dans le reste de l’Indonésie, les épices – dit-on – on des pouvoirs magiques. Le bumbu est un étrange assortiment d’épices et de condiments utilisée dans de nombreux plats de l’île, comme le Sayur urab par exemple.

Mais la recette dont parle Sophie ne se trouve que dans le secret des cuisines balinaises… Le bumbu blanc réconcilie les peines de cœur, le bumbu rouge est servi pour les plus passionné(e)s, le bumbu orange pour rencontrer quelqu’un et le jaune en cas d’infidélités.

Selon le problème à traiter, réduisez en fine poudre vos ingrédients dans un mortier en récitant votre demande. Écrivez votre souhait sur une feuille de bananier puis brûlez-la au dessus de votre préparation. Les épices, comme l’amour, doivent être enflammés pour révéler leur parfum ; faites revenir votre bumbu dans de l’huile de coco puis servez-le avec de la viande, des légumes ou du poisson.

Voilà, vous savez tout de ce philtre d’amour typiquement balinais. Avec le Bumbu, faites monter la température de quelques degrés pour une vie un peu plus « spicy » !

La recette du Bakso Ayam

Resto ambulant Bakso ayamLe Bakso, ou Soupe de boulettes est une soupe indonésienne typique des restos ambulants. Vous pouvez la préparer avec du bœuf, du poulet ou du poisson.

Temps de préparation : 15 minutes
Temps de cuisson : 10 minutes

Ingrédients (pour 4 personnes)

  • 400g de viande de boeuf, de poulet ou de poisson blanc
  • 4 dents d’ail
  • 2 cuillères à soupe de farine
  • 1 litre de bouillon de boeuf, de poulet ou de poisson
  • 1 branche de céleri
  • 1 cuillères à café de sucre
  • Sel, poivre, harissa ou tout autre piment de votre goût
  • 100g de vermicelles chinois
  • 2 cuillères à soupe d’oignon frit
  • 50g de tofu coupé en dés

Préparation de la recette

Les boulettes :

  • Hachez la viande (ou le poisson) avec 2 pincées de sel, un peu de poivre et 2 dents d’ail.
  • Ajoutez 2 cuillères de farine, bien mélanger et formez des boules d’environ 2cm de diamètre.
  • Cuire les boulettes 5 minutes à l’eau bouillante.

La soupe :

  • Faites chauffer 1 litre de bouillon (de boeuf, de poulet ou de poisson selon le cas) et ajoutez-y 2 dents d’ail pressées, la branchette de céleri débitée en petits morceaux, du poivre et 1 cuillère à café de sucre.
  • Quand le bouillon est à ébullition, jetez-y les vermicelles chinois et arrêtez le feu. Laisser reposer 3 à 5 minutes selon la grosseur des vermicelles.
  • Dans le fond du bol, mettre une portion de vermicelles, 3 ou 4 boulettes et arrosez d’une grosse louche de soupe. Selon les goûts, chacun ajoutera quelques dés de tofu, un peu d’oignon frit ou du piment.

Ces derniers ingrédients seront présentés au centre de la table. En Indonésie, le marchand ambulant les dispose devant ses marmites et chaque client complète sa soupe comme il en a envie.

Selamat makan ! *

* Bon appétit !

Île des Dieux et billets verts

En Indonésie, pas de revenu mensuel minimum et les aides financières sont rares ou réservées à une frange lettrée de la population. Malgré le tourisme et une vie plus douce, le quotidien des balinais reste difficile dans de nombreuses régions de l’île. Dans l’archipel Indonésien, près de 40% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Le coût de la vie à Bali

À Bali, travailler dans les rizières ou sur les chantiers de construction rapporte peu, environ 90 à 100 dollars US par mois. En discutant avec une serveuse balinaise dans un warung « touristique » de Gili Trawangan, celle-ci m’indique recevoir entre 140 et 160 dollars par mois, sans compter les pourboires qu’elle partage avec ses collègues. À Sidemen, notre guide Wayan, qui nous fit découvrir la beauté insoupçonnée des rizières de la région, est payé au forfait. Suivant le nombre de clients qu’il accompagne, un bon mois lui rapporte moins de 200 dollars.

Pourtant, lorsque je discute avec Olivier et Momo d’IQ Divers, ces derniers nous apprenne que pour un travail équivalent dans le tourisme, un occidental sera payé jusqu’à 20 fois plus que son confrère Indonésien ! Il est difficile d’imaginer une égalité des chances avec de tels écarts de salaire…

La matière grise récompensée

Si vous êtes doué à l’école, le gouvernement Indonésien peut cependant vous aider dans certains cas. Pour les autres, il faut souvent travailler très dur pour parvenir à sortir de sa condition. C’est le cas d’Agung, l’ami que j’avais rencontré lors de mon premier voyage à Bali en septembre 2010. Né de parents très pauvres, mais persévérant et doué en lettres, il a réussit à finir son apprentissage du Français pour devenir guide touristique francophone dans une agence de voyage. Très fier de sa réussite, il m’annonce sur Facebook qu’il a aussi une voiture, gage d’un bien-être social pour tout balinais digne de ce nom 😉

L’Art balinais du cerf-volant

Impossible de voyager dans l’île des Dieux sans lever la tête et ne pas apercevoir ces oiseaux titanesques aux ailes colorées qui constellent le ciel : les cerf-volants sont un Art (et une véritable institution) à Bali, une passion des enfants comme des adultes ! De Mai à Septembre, de nombreux concours sont organisés un peu partout dans l’île.

Cerf-volant dans un magasinDragons, serpents multicolores, navires aux voiles gonflées d’espérance par les vents rugissants, oiseaux et papillons colorés, fabriqués de tissus, de bambous… et parfois de plastique. À chaque instant, la poésie des cerf-volants nous ramène en enfance.

Les balinais ont aussi des poèmes pour leur rendre hommage : « Au-dessus des villes, au dessus des campagnes, nuits et jours, ils sont là, parfois se dégageant solitaires au milieu de nulle part, laissés par un enfant ou un adulte, comme un lien entre le ciel et la terre. »

À Bali, la pratique du cerf-volant est une passion qui ne concerne pas que les plus jeunes ! Vous trouverez partout des fabricants de cerf-volants et certains peuvent faire jusqu’à 30 mètres de long. On pourrait croire qu’il s’agit là d’une activité liée de près ou de loin à un rite religieux ? Pas du tout ! Les balinais expliquent qu’il s’agit en fait d’un hobby, un passe-temps partagé par une frange importante de la population.

Pourtant, il est difficile de ne pas y voir autre chose qu’une pratique ludique, tant la symbolique du cerf-volant qui fait le lien entre les forces du bien (aériennes) et les forces du mal (terrestres) se rapproche de la cosmogonie des croyances balinaises. Certaines légendes de Bali racontent d’ailleurs comment certains cerf-volants, habités d’esprits bienfaisants, repoussent les épidémies ou fertilisent les cultures…

Sanur et le Concours de cerf-volants

pilotes-de-cerf-volants-sanurUn évènement à ne manquer sous aucun prétexte si vous êtes à Bali en Juillet est la Compétition de Cerf-Volants de Sanur, internationalement reconnue et qui attire beaucoup de monde.

En attendant, vous pouvez observer les enfants qui s’entraînent en équipe, chaque jour de l’année, aux vols gracieux comme aux pirouettes ascensionnelles sur toutes les plages de l’île dès que souffle le vent.

Où que vous soyez, levez les yeux vers le ciel, la magie de l’île des Dieux est tout autour de vous, même au dessus de vos têtes.

Sur les rives du lac Batur

Chez les Bali Aga de Trunyan, on célèbre la Femme durant douze jours !

De bon matin, nous avons longé les bords du lac Batur avec l’espoir de rallier la route de Tedjakula, en traversant les volcans. Finalement, nous nous arrêterons à Trunyan, sur la rive Est du Lac Batur, aux pieds du Mont Abang dans la région de Kintamani. Le chemin est devenu sablonneux et particulièrement dangereux avec nos scooter automatiques. Ici il n’y a presque jamais de touristes, nous sommes dans un Bali Aga : un village autonome traditionnel Balinais.

Aujourd’hui, c’est jour de fête. On honore les femmes lors de célébrations qui dureront 12 jours ! Les balinais que nous venons de rencontrer nous expliquent qu’ici, les habitants n’incinèrent pas leur morts. Les corps des défunts sont emmenés par barque à Bukan et déposés dans des cages de bambou où ils se décomposent, sous le regard vigilant d’un arbre au parfum odorant : le Menyam. Il s’agit d’un rite très ancien et, paraît-il, unique en Indonésie. Il n’y a pas de crémation dans cette région de l’île.

Préparation des festivités

Nous assistons à la cérémonie de loin car le temple sur l’eau est occupé par la famille. Auprès de nous, amis et voisins attendent à l’extérieur de l’enceinte sacrée, les bras chargés d’offrandes, de gâteaux et de fruits délicieux qu’ils déposeront auprès de Danu Batur, la déesse sacrée du lac aux pouvoirs surnaturels, puis partageront ensemble au gré des festivités. Un moment plein de magie comme il en existe tant sur l’Île des Dieux…

Hommage aux femmes balinaises

Finesse du regard et un large sourire, un léger maquillage sur le pourtour des yeux, plumes et fleurs de frangipanier qui embaument ses cheveux noirs et soyeux, les couleurs éclatantes de son sarong, une dentelle d’or déposée sur ses hanches. Quelle femme saurait être plus raffinée, plus élégante, plus gracieuse et plus sensuelle qu’une balinaise ?

(N.D.L.A : cet avis n’engage que son auteur).

Les sources sacrées de Tirta Empul à Tampak Siring

Pura Gunung Kawi, le temple sculpté dans la montagne et Pura Tirta Empul, les sources sacrées et guérisseuses de Bali sont deux lieux de pèlerinage fortement symboliques et fréquentés par un grand nombre de balinais tout au long de l’année.

Histoire de Tirta Empul

La légende raconte que la source sacrée a été créée par le dieu Indra, afin de redonner vitalité et immortalité à son corps, empoisonné par Mayadanawa. Selon une inscription mise au jour sur un frontispice du temple, sa fondation remonterait au Xe siècle de notre ère.

Surplombant le temple sur une colline, un bâtiment moderne : le Palais du gouvernement, construit en 1954. À l’origine c’était une résidence pour les fonctionnaires néerlandais, utilisé plus tard par l’ancien président Soekarno lors de ses fréquents voyages à Bali.

Pura Tirta Empul est situé dans le village de Tampak Siring, accessible par les transports en commun d’Ubud ou via votre scooter (si vous en avez loué un). Aux abords du temple vous trouverez de nombreux artisans locaux, des sculpteurs d’os ou de noix de coco, des fabricants de cerf-volants, des vendeurs de fruits ou de sarongs et chemises en batik de Java.

Au petit matin, vous pouvez aller faire quelques ablutions dans un des deux bassins secondaires situés à l’entrée du temple, le bassin principal qui abrite les sources étant aujourd’hui fermé aux publics. Les sources de Tirta Empul sont réputées pour leur grand pouvoir de guérison censé soigner de nombreux maux.

Preuve en est, une fois lavé le visage et le nez sous une cascade, ma petite allergie aux gaz d’échappements s’est subitement volatilisée. Dois-je y voir un signe de la bienveillance des Dieux qui habitent ce lieu ? Tel la plupart des balinais, c’est ce que j’ai choisi de croire et je pense que c’est en cela que réside la magie des sources miraculeuses.

Dessins et photos des lieux

Gunung Kawi

Pour en apprendre davantage au sujet du temple de Gunung Kawi, sculpté selon la légende par les ongles du géant Kebo, consultez mon premier article au sujet de cette région de l’île.

Bali, île paradisiaque ou dépotoir à ciel ouvert ?

Ils sont nombreux les qualificatifs qui vantent les mérites de Bali et le particularisme de ses habitants ; de grandes plages de sable blanc, les meilleurs spots de plongée et de snorkeling de toute l’Indonésie, une culture enrichissante et un peuple accueillant, des rizières luxuriantes sans oublier le faste des temples balinais, etc.

Pourtant, loin de la première destination touristique au monde existe un autre Bali dont on ne parle pas assez, celui de l’extrême pauvreté, de la pollution et, parfois, de la violence.

Bali, un paradis sans violence ?

À Bali, vous croiserez la route de beaucoup de chats. Concernant les chiens, il n’existe pas de politique de régulation par stérilisation de la population de canidés balinais. Ceux-ci sont régulièrement éliminés par divers moyens. On estime d’ailleurs que 70 000 à 100 000 d’entre eux finissent en brochettes…

Les pratiques religieuses sont à l’origine de nombreux sacrifices d’animaux. Chaque année, 3 000 tortues sont sacrifiées ou mangées à Bali. Les combats de coqs, bien qu’illégaux, sont monnaie courante et les entraîneurs ajoutent des lames de rasoir à leurs ergots pour les rendre plus agressifs.

Il est certain que le vol est très rare à Bali, mais la vindicte populaire à l’égard des voleur est digne du supplice du pilori au Moyen-âge. Si un chapardeur est attrapé par la population, il risque fort d’être bastonné, voire lynché avant que la police n’intervienne.

La pauvreté est grande et tout le monde ne mange pas à sa faim. Tandis qu’une petite part de la classe moyenne s’enrichit grâce au tourisme, de Ubud à Sanur des femmes et leurs enfants mendient et dorment dans les rues des villes, aux carrefours routiers ou près des devantures des magasins. Environ 100 millions d’Indonésiens, sur un total de 250, n’ont pas bénéficié de la vigueur de l’économie ces dix dernières années et vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté.

Bali, île paradisiaque

Bali : derrière le voile du rêve, une triste réalité

Du Nord au Sud et d’Est en Ouest, les décharges sauvages sont monnaie courante et l’on jette quotidiennement des centaines de camions de détritus dans les rivières et dans la mer.

Les eaux qui servent à irriguer les cultures sont toutes polluées et l’eau courante est impropre à la consommation si elle n’a pas été bouillie. Dans les warungs, demandez toujours de l’air masak (eau chaude en Indonésien).

Enfin, la plus importante déchetterie de l’île n’est autre qu’une montagne de 15 hectares, surnommée Mount Rubbish, aux abords de laquelle survit une population de miséreux. Quant à Kuta, si vous tenez à votre santé ne vous baignez jamais sur la plage car ses eaux – dit-on – sont parmi les plus polluées d’Indonésie !

On est loin de l’image d’Épinal habituellement répandue…

Elles, ils aident les plus démunis

Comme partout ailleurs en temps de crise, l’humain fait montre de partage et d’entraide. Les mentalités évoluent et des initiatives naissent à Bali et dans le reste de l’Indonésie pour aider les plus pauvres de l’archipel.

La santé pour tou-te-s

Depuis 2005, la petite ville de Nyuh Kuning, à côté de la cité touristique d’Ubud, accueille la clinique Yayasan Bumi Sehat. Née à l’initiative de l’américaine Robin Lim, la clinique s’est donnée pour mission d’aider les futures mamans les plus pauvres de l’archipel Indonésien. Ici, pas d’honoraires de consultations ni de frais, les patientes donnent ce qu’elles peuvent. Les portes sont ouvertes à toutes les mères qui ne peuvent payer les frais d’accouchement exorbitants réclamés par les hôpitaux. Le gouvernement a bien mis en place un système permettant de bénéficier de la gratuité des soins, mais la complexité bureaucratique du processus est décourageant pour la partie la plus pauvre et souvent illettrée de la population.

Logements gratuits à Jimbaran

Dans certaines régions de Bali, le gouvernement provincial essaie d’améliorer les conditions de vie des populations pauvres, notamment grâce à des programmes qui permettent d’acquérir de modestes maisons gratuitement. À Jimbaran, Ayana Ressort a construit 57 logements pour les habitants les plus défavorisés dans le cadre du programme de Responsabilité Sociale des Entreprises.

Énergies renouvelables

Dans de nombreux villages balinais et sur les îles Gili, des régions jadis très pauvres bénéficient aujourd’hui de meilleurs conditions de vie grâce à l’installation de panneaux solaires.

Comme nous les Balinais souhaitent une vie meilleure pour eux et leurs enfants. Cela signifie recevoir une bonne éducation dans une école, les aider à quitter le piège d’un tourisme qui les appauvrit, bénéficier d’un service de santé publique efficace et pouvoir bâtir des infrastructures et améliorer la qualité de l’eau, les routes, les transports, etc.

Statue dans un temple Balinais

Avant de partir… Réfléchir !

Réfléchissez aux milliards de dollars qui se déversent dans Bali chaque année grâce au tourisme, et les millions d’autres perçus en taxes et frais de service. Maintenant, demandez-vous pourquoi les enfants souffrent de malnutrition en de nombreux endroits de l’île ? Pourquoi les routes, les écoles et les hôpitaux sont financés par des donateurs et non par des impôts locaux ? Pourquoi le système de traitement des ordures est si désuet qu’il en devient terriblement dangereux pour la santé ?

Si l’on en croit certains « spécialistes », la classe moyenne émerge. Mais Bali ne devrait-elle pas être, au contraire, une île de l’abondance pour tous les balinais ? Ces inégalités sont alarmantes et ne devraient pas exister dans une île aussi riche que Bali. À croire qu’aujourd’hui encore seuls les investisseurs, les expats et les citadins bénéficient réellement du tourisme…

Soyez respectueux de Bali, elle vous respectera

Si l’on souhaite protéger l’île de Bali et son peuple, ne nous contentons pas de séjourner dans des hôtels de luxe avec vue sur la mer, de dîner en compagnie du Roi de la jungle au Bali Safari park ou de faire du parachute à Gili Trawangan. Ce tourisme là est la principale source des problèmes exposés ici. Soutenir ceux qui volent et qui oppriment les balinais signifie aussi être coupable de leur disparition.

Au contraire, je pense qu’avant de découvrir Bali, il est nécessaire de s’interroger sur certaines choses : quel impact notre présence peut-elle avoir sur cette île magnifique que l’on appelle « Paradis » ? Souhaite t-on réellement qu’elle le soit toujours ou sommes-nous prêt à aller polluer d’autres îles encore sauvages ? Ce sont des sujets qui fâchent, mais ne pas s’y intéresser, c’est ne pas se soucier de l’avenir de Bali ni du précieux patrimoine Indonésien.